Des livres, du thé et du bonheur
10 Novembre 2017

Aujourd’hui, je vous écris sur un véritable coup de tête. Je devrais être affairée à préparer mes leçons pour mon stage, mais mon esprit refuse catégoriquement de se fixer. Peut-être que si j’évacue ce que j’ai sur le cœur, cela ira mieux.
J’espère néanmoins que mes propose seront, un rien, cohérents et ne se disperseront pas dans tous les sens.
J’ignore quel est la situation de mon état émotionnel, mais pour le moment, ça ne va pas. Est-ce que je suis simplement un peu fatiguée et mollassonne ou est-ce que je suis réellement en bout de course, minée par une situation qui me broie un peu plus chaque jour ?
Maintenant, j’en ai une idée plus précise, mon propre corps m’envoie des signaux d’alerte depuis quelques semaines : crises d’angoisse, terreurs nocturnes, aigreur d’estomac, sinusites et pharyngites à répétition, etc.
Depuis la mi-septembre, je suis deux cursus d’études ; l’un en institutrice primaire (celui-là vous le connaissez déjà puisque je vous en ai touché deux-trois mots) et un second en bibliothécaire (petite surprise inattendue dans un parcours chaotique).
Bien entendu, avant de m’engager sur ces deux voies, j’ai pesé le pour et le contre. Je savais que je serai amenée à réaliser de nombreux sacrifices : le temps libre, les amis, la famille, les passions et même le blog. Mais quelque part, je pensais en être tout à fait capable.
Au début, j’avais l’impression d’être une vraie héroïne, menant une double vie à grand renfort d’organisation militaire (merci le bullet journal !). Je parvenais sans trop de mal à combiner les deux, sans que l’un empiète sur l’autre.

Après pratiquement trois mois de ce régime de vie, ma vision des choses a légèrement changée et me paraît plus compliqués.
Une véritable scission vient de s’opérer par rapport à ce rythme que je m’imposais. Cette fracture s’est lentement élargie, et à présent deux falaises se font faces.
Quand je sors des cours de bibliothécaires, je suis sur un petit nuage, l’ambiance est bon enfant, je me sens bien, heureuse et valorisée. Je suis dans mon élément.
Alors que, dès que je pense aux cours d’instit et au stage, les larmes me montent aux yeux, mon estomac se serre et une boule fait son apparition au fond de ma gorge. Certes, j’ai toujours su que l’enseignement n’était pas ma vocation, j’ai entamé ces études parce que je devais bien faire quelque chose (et que mes parents étaient derrière moi, en train de me dire qu’il fallait absolument que je fasse des études). Mais je ne pensais pas que je pouvais me sentir si mal dans ma peau, uniquement par la mise en place d’un système extrêmement rigide qui broie quiconque sort un peu du moule. Je me sens dévalorisée, amoindrie, réduite à une moins que rien.
Cette sale sensation s’est amplifiée avec l’approche des stages, peu à peu, le temps a commencé à me manquer, j’ai dû empiéter sur mes heures d’études destinées aux cours de bibliothécaire, ensuite sur mes heures de sommeil.

Aujourd’hui, je me suis rendue compte que je n’y arriverai pas, les larmes sont montées et ont coulées. De rage, de dépit. Seule devant mon pc, mes leçons sont loin de s’étoffer. Oui et oui, le manque de sommeil est plus que probablement la principale cause de mes angoisses. Que faire dans ces cas-là ?
Avant, j’aurais imité mon animal totem : l’autruche. Bref, je me serais enfouie sous ma couette et n’en serait ressortie qu’à la fin du stage. Là, non, j’écris ma tartine, je me pleins, je sors tout ce qu’il y a à sortir, et puis… j’irai dormir, piquer un bon roupillon et tout ira mieux demain ? Pas certain, le médecin m’a mis quatre jours de repos forcé. J’ai une rhino-pharyngite couplée avec une sinusite aigue, je n’ai plus le moindre soupçon de voix. Je suis une loque humaine avec température et tout ce qui s’en suit. Encore un signal envoyé par mon corps pour me signifier d’arrêter les frais ?
Après tout, même les superhéros ont des coups de mou. Le manque de sommeil, c’est ma kryptonite à moi semble-t-il. Il lutte comment contre la kryptonite Superman ?