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Au fil des pages une vie se tisse

Mãn de Kim Thúy

Bonsoir à toutes et tous, nous nous retrouvons pour une nouvelles chronique ("Enfin !" diront certains). S'il est vrai que ce blog a connu un temps de latence phénoménal, je compte bien redevenir bien plus active que jamais. Bien que j'insère de nouveaux types d'articles, partager mes lectures est toujours aussi important pour moi. Il s'agit donc toujours bien d'un blog littéraire. Maintenant, je vous laisse lire cette chronique, n'hésitez pas à donner votre avis si vous avez lu ce roman, ou s'il vous tenterait bien. 

 

 

Titre : Mãn

Auteur : Kim Thúy

Éditions : Liana Levi

Prix : 10€

Pages : 143

Note : 4/5

 

Résumé :  Orient-Occident. Saigon-Montréal. C’est le parcours de Mãn, une jeune femme que sa mère a voulu protéger en la mariant à un restaurateur vietnamien exilé à Québec. Mãn a appris à grandir sans rêver, à vivre transparente. Mais en cuisine, lorsqu’elle réinterprète les recettes toutes simples de son enfance, les émotions se déploient. Un bouillon à la tomate rappelle les déchirements d’un peuple, un dessert rapproche deux cultures et l’art d’émincer le piment en dit long sur celui de la séduction…

Dans un subtil balancement entre passé et présent, entre ici et là-bas, Kim Thúy dessine une mosaïque où se mêlent la mémoire, l’amour et l’enrichissement d’être ailleurs.

 

Acquis à la Foire du Livre de Bruxelles en 2016 sur le stand dédié aux auteurs québécois (oui, j’ai un faible pour la plume de nos cousins acadiens), la couverture m’avait tapée dans l’œil.

À la Foire de cette année, j’ai eu l’occasion d’assister à une conférence dans laquelle l’auteure intervenait, et par après de la rencontrer. Certes brève, cette rencontre est l’une des plus belles que j’ai faite jusqu’à ce jour. Sympathique, dynamique, il est difficile de ne pas apprécier Kim Thúy et il n’est pas difficile de s’intéresser à ses romans dans lesquels elle distille des événements de sa propre existence.

 

 

J’ai pratiquement dévoré ce roman, et ce au sens propre du terme. L’histoire est belle, emplie de poésie, elle fait voyager nos sens et découvrir de nouvelles saveurs. Ce n’est pas totalement un coup de cœur, mais ce roman l’a frôlé de près.

Dans cette lecture, le lecteur fait la rencontre de Mãn, une jeune femme vietnamienne qui exprime ses émotions par le biais sa cuisine. Femme ayant perdu une partie de ses racines, ou n’en n’ayant jamais eues, elle se construit à travers les plats de son enfance qu’elle revisite à Montréal.

 

Suivre la quête d’identité d’un personnage sans attaches, qui s’épanoui en cuisine est une manière bien trop restreinte de résumer ce roman. Ce sont les voix de deux cultures qui se marient pour ne former qu’un chant mélodieux et significatif. C’est apprendre à vivre dans le présent, en regardant notre passé avec attendrissement et bienveillance. C’est tout cela que cette lecture m’a apportée sans pour autant avoir négligé la vie de ses protagonistes.

 

Mãn est un personnage qui m’a paru, aux premiers abords, assez lisse. Mais plus je lisais, plus je me rendais compte de sa complexité. Elle a soif de vie, soif de sentiments. Ayant toujours appris la retenue, c’est par un moyen détourné qu’elle s’exprime, qu’elle s’affirme, et c’est ainsi qu’elle construit peu à peu son existence. Attachante, elle ne l’est pas vraiment, mais ses expériences le sont, car ces dernières pourraient être les miennes, ou les vôtres, celles que l’on a vécues ou que l’on sera amené à vivre.

 

J’ai tout de suite été happée par le récit auquel la poétique plume de l’auteure donne une dimension nouvelle à ses mots. Le lecteur ne fait pas que les lire, il les voit, les ressent, les vit et s’en imprègne pleinement jusqu’à les revêtir comme des habits de soie. C’est rare que de « simples » mots fassent résonner autant d’émotions en moi.

 

Sous le couvert d’un récit gourmand, c’est une histoire d’amour qui se profile au fil des pages, un voyage inattendu pour les sens et pour l’âme. Le rythme du récit paraît faussement lent, en réalité, il laisse au lecteur juste le temps de s’imprégner de la beauté des mots.

 

 

Ce petit roman est grand par son contenu. La plume de Kim Thúy est plus que séduisante et m’a fait vibrer plus que je ne l’aurai cru lors de mon achat. Cette lecture est une réelle découverte, je ne savais rien du Vietnam, je ne connaissais pas l’histoire de ce pays et encore moins les tenants de sa culture culinaire. Je n’avais pas la moindre idée de ce que pouvait être la vie d’immigré aux Québec, pourtant le texte est parvenu à me projeter dans ces lieux aux côtés de Mãn sans que je m’aperçoive de cette transition. Magique !

En revanche, j’ai eu du mal avec certains passages qui m’ont paru un peu longuets et qui semblaient casser le récit.

 

 

En ce qui concerne la couverture, et bien elle est la raison principale pour laquelle je me suis lancée dans cette lecture. Simple, gourmande, poétique et pudique, elle est au diapason du récit qu’elle laisse à peine entrevoir.

 

 

Je conseille : à tous ceux qui veulent voyager avec leurs sens, découvrir les petits riens du quotidien et qui savent déjà qu’un nom, un geste cache plus ce qu’il y paraît.

 

Je déconseille : à ceux qui s’attendent à du spectaculaire, des rebondissements en série et qui veulent aller vite. C’est un roman avec lequel il faut prendre le temps afin de le déguster comme il se doit.

 

Voilà, cette chronique touche à sa fin, je vous souhaite d'agréables lectures, et je vous dis: à la prochaine ! Des bisous !

 

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