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BookOver

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Au fil des pages une vie se tisse

L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux

Titre : L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux

Auteur : Nicholas Evans

Éditions : Albin Michel

Prix : 20,15€

Pages : 416

Note : 5/5

Résumé : «Comment réagira Annie Graves, vedette de la presse new-yorkaise, lorsque Grace, sa fille unique de 13 ans et son pur-sang, Pilgrim, seront fauché par un quarante tonnes sur une route verglacée ? Elle sera profondément bouleversée, et elle comprendra très vite que, pour sauver Grace, il faut empêcher le sacrifice de l'animal mutilé. Alors, délaissant tout, elle va partir à la rencontre d'un homme qui possède un don mystérieux. C'est là-bas, dans la splendeur du Montana, que vit Tom Booker, le "chuchoteur", celui qui comprend si bien les chevaux et si peu ses propres sentiments.»

Vous savez, lorsque vous flânez dans une petite foire de livre d’occasion : il vient toujours un moment où un titre vous saute aux yeux. C’est ce qui s’est produit pour ce titre, il y a deux ans d’ici.

Si ce titre a autant retenu mon attention sur le moment même, c’est simplement parce que je suis en adoration devant l’adaptation qu’en a fait Robert Redford (d’ailleurs jusqu’à cet achat, j’ignorais qu’il s’était inspiré d’un roman).

Vous vous doutez que, si pour moi, le film est culte, le roman est quant à lui un sacré coup de cœur. Mis à part certains passages un peu longuets où l’intrigue met du temps à se mettre en place. Je pense qu’il appartient à la catégorie de livres que je serai ravie de relire fréquemment au fil des années.

De plus, j’ai été ravie de redécouvrir des personnages que je pensais connaître, des paysages que j’avais déjà aperçus dans l’adaptation, le tout avec plus de détails et plus d’émotions transmises. Ouais, n’ayons nulle crainte de l’avouer, la lecture du roman est encore plus intense que le film. Mais je n’ai pas hésité à passer la soundtrack en fond sonore. (Faut avouer qu’elle aussi a toute son importance)

« L’homme qui murmurait à l’oreille de chevaux » est un roman immersif et très émouvant. J’ai particulièrement été touchée par cette histoire et tenue hors d’haleine par la succession des événements.

Le lecteur évolue et change de cadre en même temps que les protagonistes, tout en gardant une vue d’ensemble sur le récit. L’auteur nous plonge dans le gigantisme et la majesté des grands espaces du Montana à la suite des chevaux sauvages et des cowboys qui y résident. L’endroit rêvé pour s’évader.

L’intrigue reste pratiquement identique à celle du film. Il fallait tout de même s’en douter. Cependant, elle est plus fournie et mieux construite, apporte des éléments nouveaux qui décapent grave du poney !

Ça reste logique, beau, tendre et ça m’a fait vibrer d’émotions : la rage, la colère, le sentiment d’injustice, l’apitoiement, la révolte, l’espoir, la conciliation, le pardon. À la lecture, c’est un peu comme si c’était moi qui perdais ma jambe, foi en l’humanité, etc. Un beau tour de passe-passe de la part de l’auteur.

 

Les personnages sont certes attachants, mais je ne pouvais pas me défaire des acteurs qui les incarnent dans l’adaptation. Dans ce cas, c’est vrai que cela n’occasionne pas de gêne particulière lors de la lecture du roman. Mais à la longue, cela m’a tout de même agacés de ne pas parvenir à m’en détacher suffisamment pour avoir une vision plus neuve de l’œuvre. Heureusement, l’auteur apporte davantage d’éléments sur chacune de leur personnalité, ils sont beaucoup plus construits et moins manichéens sur les bords que dans l’adaptation. Annie est plus humaine et attachante, Grâce demeure une ado traumatisée, mais avec une évolution plus lente et bien plus marquée dans le récit. Quant à Tom, il n’est pas cet océan fait de calme et de bienveillance que Robert Redford porte à l’écran.

Au final, même si le film est absolument génial, le roman est plus en adéquation avec la nature humaine.

 

Je m’apprêtais à vous dire à quel point j’avais apprécié la plume de l’auteur, à quel point son style m’a soufflé. Mais là tout de suite en y repensant, je m’aperçois que ce n’est pas le cas. Oui, c’est la plume de Nicholas Evans qui donne vie aux personnages, c’est lui qui leur insuffle cette soif de vivre, c’est lui qui nous fait si bien voyager dans des paysages sauvages à peine amadouer par l’Homme. Il relate sans peine le fragile équilibre qui unit les chevaux et les Hommes.

Alors non, je n’ai pas été réellement marquée par la plume de l’auteur, car cette dernière est entièrement au service du récit, elle est en osmose complète avec lui. Et ça, c’est simplement magistral.

Alors oui, « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux » est pour moi un coup de cœur phénoménal dans ma vie de lectrice, et je suis certaine qu’il le restera tout au long de celle-ci (que j’espère longue et fructueuse). Je crois avoir énoncé toutes les qualités dont il recèle.

Donc voici les points faibles, car faut pas se le cacher, il y en a quelques-uns ; rien ni personne n’est parfaitement parfait ; il y a des passages, parfois assez longs, qui sont d’une lenteur mortelle. On (je) ne comprend pas le pourquoi du comment ils existent, en quoi ils font avancer le micmac.

Mais je ne peux pas dire que ça a véritablement gâché ma lecture. J’y ai à peine fait attention pour dire la vérité.

Bon, du côté de la couverture ce n’est pas trop ça. Ayant une ancienne édition, je dois avouer que ce n’est pas la plus belle couverture qui existe pour ce roman. Oui, elle a mal vieilli et paraît totalement désuète, voire carrément obsolète pour notre génération. En revanche, je lui trouve un certain charme qui, dans mon cas, joue en sa faveur en faisant vibrer mon côté nostalgique (Et NON ! Ce n’est pas parce que l’on y voir Robert Redford…il y a Pilgrim aussi.).

 

Je conseille pour ceux qui : ont envie d’évasion, d’immenses paysages verdoyant, d’un retour à la nature, et surtout un retour à l’essentiel des besoins humains. Sans oublier une belle histoire romantique loin d’être cul-cul la praline.

Personnellement, je regrette de ne pas l’avoir lu plus tôt. Cette lecture m’a ouvert l’esprit ainsi que mon champ de vision, etc. Si je l’avais lu plus tôt, je pense que je n’aurais pas commis certaines erreurs, ou du moins, j’aurais fait les choses différemment.

Je déconseille à ceux qui : penseraient y trouver une romance torride où le cowboy n’aurait comme caractéristiques qu’un sourire ravageur, une musculature à faire pâlir Hercule et un chapeau constamment visé sur la caboche. Il n’y a pas de scène de sexe torride sur la selle d’un cheval, ici c’est la valeur et la force des sentiments qui sont mises en avant.

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