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Au fil des pages une vie se tisse

Kaya Dove Tome 1 : Messagère de lumière

Hey, salut tout le monde, on se retrouve pour une chronique ! (Oui, je sais ça faisait longtemps).

J’ai décidé de légèrement changer la forme de ce type d’article, afin de vous fournir le plus d’informations possible sur les livres que je vous présente. Mais si la forme change quelque peu, le fond de la démarche reste identique. Maintenant que cette petite mise en bouche est terminée, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne lecture !

 

Titre : Kaya Dove T1 : Messagère de lumière

Auteur : Pierre Lassalle

Éditions : Édition Terre de lumière

Pages : 337

Prix : 19,50 €

Note : 1/5

Résumé : Une jeune femme, Kaya Dove, dotée de superpouvoirs, vient du futur, le XXXe siècle, jusqu'à notre époque, pour sauver l'humanité, manipulée par des forces obscures qui veulent son anéantissement. Un thriller palpitant, où la science-fiction côtoie l'espionnage, avec une bonne dose de fantastique. Valeurs héroïques, humour, esprit d'équipe: un cocktail qui va vous dynamiser ! La société actuelle, la matrice, est aux mains de forces noires qui manipulent l'être humain: quel choix voulez-vous faire ? Vous laisser chuter dans l'abîme, ou rejoindre les rangs de la Kaya team ? Vivez l'aventure de notre temps, alors que l'avenir de notre civilisation est en train de se jouer: de notre choix dépendra notre futur! Rangez-vous aux côtés de la superhéroïne, Kaya Dove, rejoignez sa team, pour combattre avec elle des démons-vampires, et autres humains ayant choisi le camp du mal. Que le bien soit victoire !

Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas accepté de service presse, et lorsque Lucidaëlle, l’illustratrice du roman m’a contacté, je me suis dit : pourquoi pas ? C’était à la fois l’occasion de me remettre en selle au niveau des chroniques, mais aussi de découvrir une petite maison d’édition que je ne connaissais absolument pas.

Après un bref passage sur le site des Éditions Terre de lumière, le roman proposé semblait correspondre au style de lecture que j’ai tendance à privilégier.

Autant dire que j’avais pas mal d’attentes concernant ce premier tome ; voyage dans le temps, guerrière badasse, esprit d’indépendance, réflexion sur la société, envie de changer le monde, légère vision écolo, etc. Tout pour me plaire. Mais inutile de m’étaler en long et en large sur le sujet.

Il s’est avéré que ce service presse a malheureusement été un véritable flop pour moi, mais pas un petit flop de rien du tout, non, le BON GROS FLOP QUE L’ON SOUHAITE OUBLIER plutôt. (NOOONN ! Restez, promis je reste calme et j’abandonne les majuscules !)

Le roman m’a déçue et j’avoue que c’est relativement délicat à gérer, n’ayant jamais vécu une telle expérience dans le cadre d’un service presse.

 

D’emblée le lecteur se retrouve plongé dans un lointain avenir où notre humanité s’est scindée en deux sociétés distinctes : l’une malveillante et décadente, l’autre lumineuse et spirituelle. (Bonjour la vision manichéenne du monde) Kaya, le personnage principal autour de qui toute l’intrigue se construit doit impérativement faire pencher la balance du monde vers la société du bien. Pour ce faire, qu’une solution possible, revenir dans le passé et impliquer les contemporains de cette époque dans cette guerre silencieuse qui se joue au XXIe siècle. Pour que cela ait l’impact escompté, l’héroïne doit se constituer une équipe de choc, la Kaya team et avec les membres qui la composent, agir contre le mal.

Sur papier et dit comme ça, on a l’impression de se retrouver face à une quête épique où l’avenir du monde est en jeu. Mais, si la construction du roman respecte dans les grandes lignes le schéma narratif standard de la science-fiction (élément perturbateur-but-réflexion-action-conséquence), à aucun moment un événement n’interfère réellement avec les plans de l’héroïne. Pas d’événement inattendu, aucune véritable résistance de la part des méchants, nada !

D’ailleurs, après lecture, j’ai davantage eu l’impression que le roman n’était qu’une toile de fond pour faire passer des idées/convictions/valeurs au lecteur avec autant de délicatesse qu’une bombe dans un magasin de faïences. En général, quand un auteur souhaite faire passer un message, ce dernier est au service du récit et des personnages. Alors qu’ici, c’est tout le contraire, le récit est au service du message de l’auteur et de part cet objectif, perd une énorme partie de son attrait pour le lecteur lambda.

Le fait que ce roman ne m’ait pas touché est également dû aux thématiques abordées par l’auteur. Ces dernières touchent à un type d’ésotérisme que je n’hésite pas de qualifiée de sectaire. Ceci ne m’attirant pas le moins du monde. Le pire là-dedans (attention il ne s’agit ici que de mon propre ressenti), c’est que l’auteur semble se dédouaner face à de telles réactions, expliquant dans le roman que mon âme est déjà entièrement pervertie par l’essence des vilains démons-vampires martiens (ne riez pas, j’aborde ce sujet un peu plus bas) et que j’ai perdu le contact avec la nature et le beau du monde.

Bon, si je parle des personnages à présent, car après tout, c’est un peu eux qui font l’histoire.

Avant de débuter ma lecture, je m’attendais à une héroïne forte, mais ce n’est franchement pas ce devant quoi je me suis retrouvée. Kaya est un personnage totalement désincarné, nulle véritable émotion ne semble la parcourir. Elle se contente de suivre les ordres qu’elle reçoit de son mentor, sans réellement avoir de réflexion quant à ses actes (vous voyez mon rapprochement avec la secte ?). Quant à ses compagnons, ce ne sont que des faire-valoir avec un autant de personnalité qu’un pois-chiche. « On se lance dans des missions suicides pour sauver l’humanité avec une totale inconnue qui vient du futur ? Mais oui ! Quand est-ce que l’on commence ? »

Et puis, dois-je vraiment aborder le fait que les ennemis à combattre sont des démons-vampires martiens ? Sur ce point j’hésite entre le rire (hystérique) et les pleurs (hystérique eux aussi). Certes, je peux concevoir que les ennemis viennent de l’espace, après tout c’est censé être un récit de science-fiction. Je peux également concevoir le fait que le mal incarné soit vu comme un démon qui s’abreuve de l’énergie négative produite par les humains (d’où l’appellation vampire), mais honnêtement, cette accumulation de termes est légèrement ridicule, non ?

Tous ce que je viens de mentionner ne sont que des détails quant au style de l’auteur. (Oui c’est possible, le pire est à venir).

Outre le fait qu’elle n’est absolument pas aboutie et manque vraiment de finesse, l’écriture de l’auteur est assez insultante pour le lecteur. J’ai vraiment eu l’impression d’être prise pour une cruche qui fuit quand je lisais ce roman. Misère, ce n’est pourtant pas difficile d’utiliser des pronoms au lieu de répéter encore et encore une même idée. Mais le plus déstabilisant dans tout ça, ce sont les incises (vous savez, les petites précisions que l’on trouve dans les dialogues genre : dit-il, explique-t-elle, etc.). Bon sang, ce n’est pourtant pas compliqué, on les insère avant le tiret du dialogue ou après. De telle manière que l’on a la possibilité de savoir quel personnage s’exprime au lieu de mettre le nom du personnage derrière le tiret. On est dans un roman, pas une pièce de théâtre ! (bonjour le psychorigide de l’écrit)

 

Tous ces éléments emboîtés les uns dans les autres font que, au final, ma lecture fut une catastrophe.

Au plus je lisais, et au plus le désenchantement se faisait sentir et m’étreignait au fil des pages. À tel point que, plus j’avançais dans le récit, plus mon débit de lecture se faisait lent. Si je ne l’ai pas abandonné, c’était uniquement parce qu’il s’agissait d’un service presse que j’avais l’espoir qu’un miracle officierait. Je n’aime pas particulièrement descendre un roman, tout simplement parce que je ne me fie qu’à mon ressenti. D’autres pourraient se retrouver dans une telle lecture.

Il s’agit d’un roman avec beaucoup de faiblesses, j’ai un peu l’impression que les éditeurs n’ont pas vraiment fait leur travail en repassant derrière l’auteur.

Cependant, je dois reconnaître que ce roman conserve un point fort : sa couverture. Le travail de Lucidaëlle est excellent et colle à la perfection à l’une des scènes du bouquin. J’ai trouvé que les petites fioritures que l’on retrouve à l’en-tête de chaque chapitre et en bas de page étaient la signature d’un boulot de qualité sur l’objet-livre en tant que tel. Mais quid de la substance-même du roman ?

Dommage que ça ait pris cette tournure.

En toute honnêteté, je ne sais absolument pas à qui conseiller de roman. Je ne le ferai donc pas. Vous laissant faire votre propre avis vous-même.

Cependant, n’hésitez pas à prendre de la distance avec les idées qui émergent du récit. Si je conviens qu’il est temps d’agir pour que notre futur soit meilleur, je crois qu’il faut demeurer critique face aux arguments pseudo religieux que l’on aborde dans Kaya Dove : Messagère de Lumière.

Pardonnez-moi cette magistrale bavette, mais j'avais beaucoup de choses à dire à propos de ce tire, et c'est lundi pour tout le monde.

 

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Lucidaelle 15/03/2017 22:34

Bonjour Audrey,

Ah bah, mince alors !! Je suis bien désolée que cela fut un tel flop pour toi !
Il ne m’a pas laissé du tout la même impression. Et j’ai eu des retours soit en direct ou sur deviantart de personnes pour qui le roman a plu, à beaucoup plus !
Mais je suppose bien que c’est le goût et les préférences de chacun.
Enfin voilà, c’était le jeu de ma démarche, et je suis bonne joueuse.

Pour le style d’écriture, je ne suis posée la même question, alors j’ai demandé. Et j’ai ainsi appris qu’il y avait un choix de l’auteur, il voulait que cela soit très visuel, presque cinématographique. Pour les mots et corrections entre éditeur-auteur, là, je ne suis pas au courant des détails, c’est certain (!), mais pour ce style d’écriture cinématographique plutôt que littéraire, cela je suis sûre.

Quant aux méchants, même si je trouve que certains passages pourraient être plus corsés, je trouve qu’il y a d’autres passages suffisamment difficiles !

Je fais remonter l’information en tout cas, en espérant que l’auteur et l’éditeur ne m’en voudront pas de ma prise d’initiative, glups ! ^^ Et qu’ils trouveront peut-être quelque chose de constructif pour eux en ta critique…

Il y a juste le sous-titre au début à corriger, s’il te plaît : c’est « messagère du futur » et non lumière.

Bonne suite d’études et autres lectures…
Bien à toi,

Lucie/Lucidaëlle

Audrey Billiet 16/03/2017 12:58

Hello Lucie, j'espère que tu n'auras pas de problèmes.
C'est vrai que lors de service presse c'est toujours un peu complexe, soit ça marche ou ça ne marche pas. Hélas ça n'a pas été concluant pour ma part.

En ce qui concerne l'écriture cinématographique, le problème est que comme l'on est dans l'optique d'un roman le lecteur peut se retrouver perdu ou vivre des incohérences (ce qui m'est arrivé à plus d'une reprise lors de la lecture). Et bon, j'avoue que sur ce point je suis très psychorigide sur les normes de l'écriture.

S'il y a bien des moments durs et assez choquant, voir cru (je n'en parle pas dans la chronique car elle aurait été bien trop longue) le schéma est quasiment toujours identique et toujours avec la même sentence viol et mort. Certes, les agresseurs sont d'horribles jojo mais qu'ils aient toujours l'impulsion/envie de violer tout ce qui a une poitrine n'est, je pense, pas un bon reflet de la société. Après tout, certains peuvent avoir envie de tuer pour tuer, point.

C'est un peu le tout qui m'a déçue.

Bonne journée à toi !