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Au fil des pages une vie se tisse

Blues d’ado de Marianne Parmentier

Blues d’ado de Marianne Parmentier

Blues d’ado de Marianne Parmentier, chez Écrilire (fédération Wallonie-Bruxelles).

J’ai fait l’acquisition de ce petit album aux alentours du mois de décembre lors d’une vente de livres éducatif dans l’établissement que je fréquente. J’étais curieuse de ce que le ministère de l’enseignement dans laquelle j’étudie recommande comme lecture pour les enfants du primaire.

Et si je l’ai lu dans le courant du mois de janvier, à l’image de l’avis précédent, j’ai mis quelques mois à le chroniquer.

Bien entendu, cet album illustré est à voir davantage comme un outil éducatif plutôt qu’un livre purement destiné au plaisir de la lecture. Il est d’ailleurs fourni avec une fiche d’exploitation (par laquelle je ne suis pas vraiment convaincue).

C’est ce qui fait justement toute la difficulté pour le chroniquer. J’hésite entre le traiter comme n’importe quel album ou à aborder l’aspect apprentissage, chose que je fais rarement.

Comme je reste assez indécise à ce sujet, je verrai bien comment évoluera cet avis, et si je me lance dans l’aspect éducatif recherché par les éditions, ce sera tant mieux.

« Blues d’ado », c’est l’histoire de Lazuli, un chat presque grand, mais pas tout à fait. Dans sa petite tête de matou, une idée tourne et tourne encore : « comment se différencier des autres ? ».

Lazuli ne tient pas tant à devenir un banal chat gris aux yeux bleus que l’on croise à tous les coins de rues. Il veut changer de couleur, et pardi, c’est ce qu’il va faire !

Un bon sceau de peinture noire et l’affaire est jouée.

Néanmoins, à son étonnement, ses proches n’ont pas l’air de s’étonner de cette situation…

Indéniablement, il s’agit d’une jolie histoire assez mignonnel’adolescence est abordée avec beaucoup de tendresse et un soupçon d’humour. Mais l’adolescence reste traitée de manière très sibylline, presque entre les lignes. Aussi, c’est vrai qu’avec mes yeux de jeune adulte, j’ai compris où l’auteur souhaitait m’emmener. Mais je reste assez sceptique quant aux conclusions que des enfants de dix/onze ans (oui, selon moi ce récit est plutôt destiné à des lecteurs possédant une certaine aisance de lecture) pourraient en tirer.

Cela m’a également un peu perturbée, le fait que « Blues d’ado » soit davantage destiné à de jeunes pré-pubères plutôt qu’à de véritables adolescents. Je suis bien d’accord sur le fait qu’une thématique d’un récit ne doit pas particulièrement toucher ou faire partie du quotidien d’un lecteur. Mais je trouve que pour un enfant, il est plus difficile de s’intéresser à un récit quand il n’a pas la possibilité de s’identifier à un personnage.

Autre réalité ; il ne se passe pas grand-chose dans ce récit qui est très introspectif vis-à-vis du personnage principal. Ce dernier n’est d’ailleurs pas très attachant, un peu chiant sur les bords, comme tous les ados de nos jours allez-vous me dire (des réminiscences de ma propre adolescence me reviennent en mémoire…Brrrrr) !

Je l’ai dit un peu plus haut, il me paraît fort improbable qu’un lecteur de dix/onze ans puisse s’identifier à Lazuli (personnage principal).

Et pour ce qui est des autres personnages, et bien ils ne sont que figuratifs. Absolument pas développés, ils ne sont là que pour donner un cadre et un peu de corps à Lazuli.

Attention, loin de moi de descendre cet album (j’ai un peu l’impression de le trainer dans la boue, alors que ce n’est absolument pas mon objectif), il aborde un thème assez particulier de manière toute autant particulière.

Donc chapeau à l’auteur, car les aboutissements de cette lecture peuvent permettre d’aborder les changements induits par l’adolescence avec des enfants qui vont finir par passer par un grand nombre de stades avant d’arriver à l’âge adulte.

La plume de Marianne Parmentier ne m’a pas fait vibrer, ni voyager. Elle n’est pas transcendante. Mais je ne pense pas que cela était son but. L’auteur devait avoir l’intention de produire un texte de qualité potable et adapté à une certaine difficulté de lecture.

Pour cela, le choix du vocabulaire employé est parfait pour des élèves de cinquième ou de sixième primaire. Les phrases ne sont ni trop courtes, ni trop longue.

Il n’y a pas vraiment de difficultés, ni d’éléments complexes qui pourrait freiner un jeune lecteur.

Les illustrations quant à elles sont adorables, toutes en courbes et en douceurs.

Cependant, elles ne sont pas très colorées, le choix des coloris se portant sur une vaste palette de gris, de bleu et de noir.

La simplicité du design choisis pour les chats s’insère parfaitement dans le cadre du récit et s’adapte sans aucun mal aux attentes du public auquel est destiné « Blues d’ado ».

Petit mot sur la couverture : On retrouve en première de couverture une illustration présente dans l’album. Simplicité et neutralité sont les maîtres mots pour cette couverture qui n’en demeure pas moins mignonne pour la cause.

En bref, « Blues d’ado » est une petite histoire qui aborder en douceur le passage de l’enfance à l’adolescence à travers un matou tout gris qui n’apprécie pas l’image qu’il dégage et qui voudrait briller dans le regard des autres.

Je ne pense pas que ce soit le récit le plus adéquat pour entamer une leçon sur l’adolescence en tant que telle avec des enfants, néanmoins, il peut s’agir d’une petite lecture sympathique pour introduire une leçon sur l’estime de soi à un moment charnière du développement de l’enfant.

Le plus incontestable pour ce livret (car il ne s’agit pas vraiment d’un livre en dur avec une couverture rigide) est son prix très démocratique qui doit être aux alentours de six ou cinq euros si mes souvenirs sont exacts.

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